Dans les traductions profanes, jusqu’au XXe siècle, on a considéré que pour faire passer la vérité suprême d’un écrivain, il fallait l’adapter à nos cultures. Piotre Artamov, premier traducteur d’Oblomov de Gontcharov en français, a avantageusement réduit aux trois quarts l’original de 600 pages. « Une frontière qui sépare autant qu’elle unit »Pour paraphraser Cocteau, le traducteur est un menteur qui dit toujours la vérité. Pour moi, la traduction est une frontière, elle sépare autant qu’elle unit : il n’y a pas une vérité en deçà et un mensonge au-delà. Sa vérité est toujours relative, et elle est toujours provisoire.
Source: La Croix February 13, 2020 10:07 UTC