Comment ne pas voir dans cet antiracisme expressément anti-Blancs un pseudo-antiracisme qui serait l’expression d’un racisme anti-Blancs, objet de déni par ceux-là mêmes qui l’incarnent ? La négation suit la sidération, comme l’illustre cette réaction d’un avocat d’extrême gauche face à l’expression « racisme anti-Blancs » : « L’idée d’un “racisme anti-Blancs” empêche de penser. Si le seul racisme réellement existant est le racisme « blanc » ou « systémique », alors, affirment les antiracistes négateurs, ce qu’on appelle le « racisme anti-Blancs », qui ne concerne que des « cas isolés », n’est pas véritablement du racisme. » Et de préciser ainsi sa pensée : « Mais le racisme anti-Blancs, le racisme anti-Noirs, le racisme anti-Chinois, anti-Asiatique (…) c’est terrible. [6] Pour une première discussion de la question dans la presse en France, voir Pierre-André Taguieff, « “Racisme anti-Blancs” : le vrai débat », 1er octobre 2012, https://www.lefigaro.fr/mon-figaro/2012/10/01/10001-20121001ARTFIG00537-racisme-anti-blanc-le-vrai-debat.php; Emmanuel Debono, « Le racisme anti-Blancs, un impensé », 27 septembre 2018, https://www.lemonde.fr/blog/antiracisme/2018/09/27/le-racisme-anti-blancs-un-impense/.
Source: Le Figaro April 02, 2025 07:46 UTC