Par Étienne LefebvreLa Commission européenne a réendossé mardi ses habits de championne du verdissement de l'économie en proposant un objectif ambitieux de réduction des émissions de CO2 à l'horizon 2040 (-90 % par rapport à 2010). Mais elle l'a fait de façon prudente et en affichant une position d'ouverture, bien consciente du risque d'effaroucher des filières déjà inquiètes des efforts demandés pour respecter les échéances de 2030. Bruxelles s'expose aussi et surtout à la critique des partis populistes et eurosceptiques, qui tentent de faire du Green Deal un épouvantail, un rouleau compresseur technocratique et hors-sol. Chacun va devoir se positionner sur ces dossiers essentiels lors de la campagne des élections européennes, se félicite-t-on du côté des partis pro-européens. Certes, mais il ne faudrait pas que le scrutin se transforme en référendum pour ou contre la transition écologique, car on sait trop bien comment le « non » finit par l'emporter, quelle que soit la question posée, en fédérant les foyers de contestation du moment.
Source: Les Echos February 07, 2024 14:57 UTC