«Nous avons tous, en France, été baptisés en Jean de La Fontaine, et fait notre première communion intellectuelle dans ses Fables. » Erik Orsenna rappelle ce trait de Barbey d’Aurevilly, dans une série d’émissions quotidiennes sur France Inter et un livre à paraître mi-août, pour évoquer cet écrivain resté dans nos mémoires pour la grâce de son style et la morale de ses contes animaliers. « Maître des Eaux et des Forêts », adepte d’une « vie buissonnière », Jean de La Fontaine se révèle « joyeux païen, jouisseur du présent », impécunieux et coureur de jupons. Après la disgrâce brutale du surintendant Fouquet dont il louait d’abondance la magnificence, Jean de La Fontaine devra gagner les faveurs du Roi-Soleil. Après sa mort, révèle Erik Orsenna, on découvrit que Jean de La Fontaine portait un cilice, « cette chemise de fer qui entaillait la chair pour le punir de ses abandons passés ».
Source: La Croix July 14, 2017 20:03 UTC