Cette décision engage une question décisive : quelle conception de l’être humain sous-tend aujourd’hui notre manière de penser la fin de la vie ? La mort tend alors à devenir l’horizon ultime de la vérité du sujet, et la maîtrise de sa fin la preuve ultime d’une décision supposée souveraine. Or la clinique de la fin de vie ne se déploie jamais dans la solitude héroïque d’une autonomie absolue. Sans réfuter l’être-vers-la-mort de Heidegger, Ricœur lui préfère une autre manière de penser la finitude. En ouvrant ou non cette possibilité, le législateur ne se contente pas d’encadrer une liberté individuelle : il engage la manière dont une société reconnaît la valeur d’une vie humaine devenue fragile.
Source: La Croix February 14, 2026 09:34 UTC