J’emmenais l’autre mercredi mes deux petites filles au cinéma, le choix n’était pas grand, et elles me réclamaient La Reine des neiges. Dans mon cas, la 3D aboutit à un brouillard maronnasse, où l’effet de relief se dissout. Moins on vous donne à voir et à ressentir, et plus votre imagination viendra en renfort soutenir une réalité défaillante. Walter Benjamin ne fut pas, je crois, un grand cinéphile mais il définissait le cinéma comme l’art des chocs. Merci à cette Reine des neiges et aux studios Disney ou Pixar, devenus prépondérants, de nous offrir en passant un aperçu symptômatique du monde qui vient.
Source: La Croix December 25, 2019 18:45 UTC