Même si on n’écrit pas l’histoire en fonction de ses suites, on ne peut ignorer celles-ci, ni nier qu’elles puissent éclairer tel ou tel événement aux conséquences lointaines. Pour beaucoup d’historiens, l’année 1956 reste une année charnière au XXe siècle. Autrement dit, il y a un avant et un après 1956. La chose est évidente si on retient ce que cette année-là compte d’événements de portée mondiale et historique : le XXe congrès du Parti communiste de l’Union soviétique ; l’émergence du Mouvement des non-alignés sous l’égide de Nasser, Tito, Soekarno et Nehru (rencontre à Brioni du 18 au 20 juillet) ; la nationalisation par l’Égypte du canal de Suez et l’intervention militaire franco-britannique et israélienne qui s’ensuivit ; les troubles dans les pays socialistes d’Europe centrale, l’insurrection hongroise et sa répression ; le développement de la décolonisation et la guerre déclarée au peuple algérien ; l’interdiction de la ségrégation raciale dans les bus aux États-Unis au terme de 381 jours de lutte des Afro-Américains ; les prémices du Marché commun en Europe occidentale…Nikita Khrouchtchev met fin au mythe stalinienMais, 1956, c’est aussi l’irruption d’une nouvelle vision dans les arts et l’extraordinaire développement des sciences : le couple Vadim-Bardot dans « Et Dieu… créa la femme » ; le phénomène Elvis Presley et le rock ; le disque dur inventé par IBM ; l’explosion de la première bombe à hydrogène sur l’atoll de Bikini ; la mise en route de la pile atomique à la centrale de Marcoule ; la mise au point du premier magnétoscope à ruban en Amérique…Vu...
Source: L'Humanite April 03, 2026 13:33 UTC