Le peuple hébreu aussi doit sa fondation à une autre « sortie », celle d’Égypte et de l’esclavage. Dans Bereshit (la Genèse, 23, 4), Abraham se présente aux habitants de Canaan comme « étranger (ger en hébreu) et résident (toshav) », quand il leur demande un lieu pour enterrer sa morte, Sara. est une terre de l’épouvante et du divorce, de la séparation) : une terre que j’habite parce que j’y suis reçu, de passage, comme « un voyageur qui s’arrête pour la nuit », selon les mots poignants du prophète Yirmeyah (Jérémie, 14, 8). Parce que tout peuple n’est peuple que d’être « sorti » d’un autre peuple. Parce que je ne suis cette « nouvelle personne », sur cette terre-là, que d’y vivre comme hôte parmi les autres, « comme un voyageur qui s’arrête pour la nuit ».
Source: La Croix February 11, 2024 09:36 UTC