L’été, en Algérie, ce n’est pas une saison, c’est une brûlure, une marque au fer rouge qui résiste au temps et à la perte. «A Alger, pour qui est jeune et vivant, tout est refuge et prétexte à triomphes : la baie, le soleil, les jeux en rouge et blanc des terrasses vers la mer, les fleurs et les stades, les filles aux jambes fraîches» (« L’été à Alger »). Le temps d’une escapade à Tipasa, notre plaisir se fond dans « le soupir odorant et âcre de la terre d’été en Algérie », dans la violence de cette « campagne noire de soleil » (« Noces à Tipasa »). Une trace qui résiste au tempsS’imprègnent alors dans sa chair, dans sa mémoire «ce soleil, cette mer, mon cœur bondissant de jeunesse, mon corps au goût de sel et l’immense décor où la tendresse et la gloire se rencontrent dans le jaune et le bleu». Il n’est guère d’espoir et le « Retour à Tipasa » après quinze ans d’absence ne peut qu’être décevant.
Source: La Croix July 17, 2017 15:00 UTC