Sans partition, investis dans et habités par la musique de Bach, chanteurs et instrumentistes nous avaient bouleversés, enchaînés par la densité artistique et spirituelle de leur interprétation, alliée à une palette sonore infinie. Quelle douceur ineffable et désolée dans le choral « Wenn ich einmal soll scheiden » qui suit La mort du Christ et quelle violence impérieuse dans le choeur « Sind Blitze, sind Donner… », véritable orage vocal ! En concert, malgré les fragilités, cet « esprit de famille » touche le spectateur et participe de la cohésion, de la fusion entre les forces musicales. Mais plus sensibles aussi, la grâce de la soprano Hannah Morrison au timbre de rossignol et le velouté de la voix de sa consœur Zoë Brookshaw. Tout est souple et rien n’est flou ; tout est ciselé et rien n’est sec ; tout est expressif et rien n’est exagéré ; tout est éloquent et rien n’est asséné.
Source: La Croix May 06, 2017 19:41 UTC