Pour son premier grand texte classique, Julie Duclos n'a pas choisi la facilité. « Pelléas et Mélisande » de Maurice Maeterlinck, sans la musique envoûtante de Debussy, est une oeuvre insaisissable, pleine de chausse-trappes narratives, de passions exacerbées. D'où vient qu'après un début en fanfare, l'attention faiblit et que l'on reste extérieur à la passion qui embrase à petit feu, jusqu'à le consumer, le trio formé par Golaud, Pelléas et Mélisande ? Julie Duclos a créé un univers éthéré, mouvant et fluide qui se suffit à lui-même. Dans son souci de marier la terre et les étoiles, l'abstrait et le concret, de pointer la dissolution d'un monde derrière le drame amoureux, Julie Duclos peine à trouver le ton juste.
Source: Les Echos July 06, 2019 10:52 UTC